Le 27/01/2002

Position de la CGT au CMP Maintenance du 21 Janvier 2002

 Lors des dernières CNPI la délégation CGT a souligné quelques aspects et notamment ceux que la direction a omis d'intégrer dans le projet " maintenance 2005 ".

Dans le document de celle-ci nous ne retrouvons aucun élément concret chiffré sur le bilan de la politique menée depuis 10 ans sur le parc nucléaire, d'ailleurs depuis 1987 aucun chiffre ne nous a été communiqué.

En fait, en filigrane du document réapparaissent clairement les vieux démons du passé au parc nucléaire.

La direction se satisfait notamment :

- Des travaux au forfait, alors que nous savons tous qu'ils sont générateurs de l'exploitation des salariés pour réaliser de la marge en généralisant le recours à l'emploi précaire, à la généralisation des travaux de nuit et de week-end ainsi qu'aux dépassements d'horaires.

- De l'utilisation, pour les ORI, des CRM qui soit disant auraient eu pour mission de satisfaire aux besoins des sites alors qu'ils ne sont en réalité qu'une instance unilatérale de la direction pour arbitrer dans la répartition des moyens ORI entre les sites, tout en diminuant les effectifs.

Dans ce domaine nous avons encore tous en tête la lutte des " ORIMAN " il y a quelques mois pour le maintien des effectifs et de leur savoir-faire, nous disons bien faire et non pas faire faire !…

Les conditions de travail se dégradent fortement et pas de surprise pour nous c'est le résultat d'une politique de rentabilité financière, il faut dégager des gains de productivité et faire baisser les masses salariales.

Et précisément cela se traduit par :

- Un transfert massif d'activité vers la sous-traitance,

- Une réduction très importante des emplois statutaires dans la réalisation des opérations ; une " course " aux durées d'arrêt avec pour conséquence une forte dégradation des CT pour tous les intervenants (EDF et sous-traitants),

- Une dégradation de la disponibilité du nucléaire caractérisée en particulier par de nombreux dépassements des durées d'arrêt,

- Une pression toujours croissante sur les budgets qui dégrade la qualité de la maintenance et pose aujourd'hui des problèmes de sûreté.

Bien sur cela n'est pas nouveau, les personnels concernés s'opposent toujours à cette politique mais la direction telle un TGV fait fi des remarques du personnel et de ses représentants.

Sur la base de ces nouvelles donnes, la CGT risque de revoir sa copie quant à son appréciation de l'exploitation et du fonctionnement des tranches de production.

Le programme nucléaire OUI mais pas n'importe quoi , n'importe comment et à n'importe quel prix.

C'est le cas par exemple du " tri " sélectif des activités en trois catégories. Pour la CGT, comme pour une majeure parti du personnel, cette classification n'a pas lieu d'être. La répartition des activités entre la réalisation interne et la sous-traitance doivent se faire uniquement au regard du caractère permanent de ces activités. Dans le cas d'activités permanentes c'est l'article 4 du statut national qui doit être appliqué.

Travail statutaire = emplois statutaires.

L'organisation et la planification des arrêts de tranche doivent être faites de façon à permettre de meilleures conditions d'intervention pour tous les salariés et une bonne utilisation des moyens mutualisés au niveau régional (ORI) comme national.

Or, depuis des années votre politique de gestion est orientée uniquement sur une volonté de réduction des coûts au travers de budgets de plus en plus décentralisés et cloisonnés. Elle est totalement réductrice et ne reflète pas la réalité des besoins.

Les résultats de cette politique, d'abord mise en œuvre dans le nucléaire, puis dans le thermique classique et aujourd'hui étendue à l'hydraulique, ont conduit à une baisse de la disponibilité du nucléaire, des prévisions de fonctionnement fantaisistes et une maintenance " système-D " pour le thermique à flamme.

Dans le même temps, la chasse aux effectifs dans tous les services, ateliers, préparation, ORI conduisent à une véritable dégradation des interventions :

- Manque de préparation,

- Travail en flux tendu,

- Sous-évaluation des programmes de maintenance,

- Dérive des délais d'intervention,

- Recours à la sous-traitance en simultané avec un sous-emploi des moyens internes.

- Peu de temps pour réaliser un bon retour d'expérience.(REX)

- Réduction massive des effectifs de maintenance sans se préoccuper du maintien des compétences, alors que c'est une condition primordiale de l'exploitation du parc.

- Rupture du dialogue social,

- Non prise en compte des départs en inactivité de service dès les prochains mois.

- Destruction du relationnel entre les ORI et les sites par la mise en place d'une relation " client &endash; fournisseur marchande ".

Cette relation est dévastatrice pour les ORI, les plaçant directement en position de dumping social virtuel avec le personnel des entreprises sous traitantes, alors qu'à qualification égale relevée sur les chantiers et non pas dans l'attendu , le prix de mains d'œuvre pratiqué par les ORI supporte plus que la concurrence.

Nous devons aujourd'hui travailler dans nos CNPE avec les ORI sur des bases différentes. Cela suppose au préalable des actes concrets de direction qui permettent au personnel de mesurer une volonté de changement des orientations de la politique de maintenance.

Dans le document , nous constatons néanmoins des éléments qui semblent montrer une volonté d'évolution telle que celles des métiers et des organisations internes ou de l'élargissement des responsabilités en développant le travail en ligne (préparation, réalisation, etc…) pour peu qu'elles ne soient pas un simple habillage qui ne serve qu'à masquer une poursuite des orientations passées, le dernier exemple en date, est de mardi 16 janvier dernier, au CMP de St Laurent, sur la question des prévisions d'embauches pour 2002, le président annonce " pour la maintenance, il n'est pas prévu d'embauches pour cette année, s'appuyant sur les restrictions budgétaires annoncés par le COMEX.

Alors pour que ces intentions deviennent réalités, il faut mettre en œuvre des moyens concrets en effectifs statutaires et reconnaître l'argumentation des qualifications mis en œuvre par la revalorisation des classifications que M3E continue à nier.

Ainsi, les priorités envisagées ne constituent qu'une première approche minimale des actions à engager. Elles doivent être débattues et mises en œuvre pour déboucher sur des perspectives d'effectifs en hausse significative et des garanties sociales améliorées pour tous les intervenants.

Quand nous disons tous les intervenants , nous entendons bien évidemment l'ensemble des salariés EDF et prestataires qui sévissent sur nos installations.

Alors, de gros efforts sont à fournir par les directions pour ne pas renouveler la caricature des débats des CRM élargis de 1997.

Des questions également doivent nous interpeller telles que :

- En premier lieu, la réalisation d'activité hors guide ne peut pas être considérée comme de la sous-activité,

- La faiblesse des effectifs dans les ORI génère elle-même de la sous-activité rendant impossible la prise en compte de certains chantiers,

- La dérive dans la facturation des prestations à elle-même conduit les sites à ne pas faire appel aux ORI mais à des prestataires externes,

- La récupération de certaines activités dévolues aux ORI par les effectifs dans les CNPE et CPT,ceux-ci étant déjà revu à la baisse.

C'est pourquoi le débat national qui s'ouvre doit être alimenté par toutes les remarques qui émanent des CMP et réellement prendre compte les avis et propositions du personnel . Vous devez intégrer une nécessaire discussion sur la place de la maintenance dans le processus de production tant au niveau national que local.

Cette question de la maintenance est fondamentalement au cœur des préoccupations du personnel.

 

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