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Lors des
dernières CNPI la délégation CGT a
souligné quelques aspects et notamment ceux que la
direction a omis d'intégrer dans le projet "
maintenance 2005 ".
Dans le document de
celle-ci nous ne retrouvons aucun élément
concret chiffré sur le bilan de la politique
menée depuis 10 ans sur le parc nucléaire,
d'ailleurs depuis 1987 aucun chiffre ne nous a
été communiqué.
En fait, en filigrane du
document réapparaissent clairement les vieux
démons du passé au parc
nucléaire.
La direction se satisfait
notamment :
- Des travaux au forfait,
alors que nous savons tous qu'ils sont
générateurs de l'exploitation des
salariés pour réaliser de la marge en
généralisant le recours à l'emploi
précaire, à la généralisation
des travaux de nuit et de week-end ainsi qu'aux
dépassements d'horaires.
- De l'utilisation, pour
les ORI, des CRM qui soit disant auraient eu pour mission de
satisfaire aux besoins des sites alors qu'ils ne sont en
réalité qu'une instance unilatérale de
la direction pour arbitrer dans la répartition des
moyens ORI entre les sites, tout en diminuant les
effectifs.
Dans ce domaine nous avons
encore tous en tête la lutte des " ORIMAN " il y a
quelques mois pour le maintien des effectifs et de leur
savoir-faire, nous disons bien faire et non pas faire faire
!
Les conditions de travail
se dégradent fortement et pas de surprise pour nous
c'est le résultat d'une politique de
rentabilité financière, il faut dégager
des gains de productivité et faire baisser les masses
salariales.
Et
précisément cela se traduit par :
- Un transfert massif
d'activité vers la sous-traitance,
- Une réduction
très importante des emplois statutaires dans la
réalisation des opérations ; une " course "
aux durées d'arrêt avec pour conséquence
une forte dégradation des CT pour tous les
intervenants (EDF et sous-traitants),
- Une dégradation de
la disponibilité du nucléaire
caractérisée en particulier par de nombreux
dépassements des durées
d'arrêt,
- Une pression toujours
croissante sur les budgets qui dégrade la
qualité de la maintenance et pose aujourd'hui des
problèmes de sûreté.
Bien sur cela n'est pas
nouveau, les personnels concernés s'opposent toujours
à cette politique mais la direction telle un TGV fait
fi des remarques du personnel et de ses
représentants.
Sur la base de ces
nouvelles donnes, la CGT risque de revoir sa copie quant
à son appréciation de l'exploitation et du
fonctionnement des tranches de production.
Le programme
nucléaire OUI mais pas n'importe quoi , n'importe
comment et à n'importe quel prix.
C'est le cas par exemple du
" tri " sélectif des activités en trois
catégories. Pour la CGT, comme pour une majeure parti
du personnel, cette classification n'a pas lieu
d'être. La répartition des activités
entre la réalisation interne et la sous-traitance
doivent se faire uniquement au regard du caractère
permanent de ces activités. Dans le cas
d'activités permanentes c'est l'article 4 du statut
national qui doit être appliqué.
Travail statutaire =
emplois statutaires.
L'organisation et la
planification des arrêts de tranche doivent être
faites de façon à permettre de meilleures
conditions d'intervention pour tous les salariés et
une bonne utilisation des moyens mutualisés au niveau
régional (ORI) comme national.
Or, depuis des
années votre politique de gestion est orientée
uniquement sur une volonté de réduction des
coûts au travers de budgets de plus en plus
décentralisés et cloisonnés. Elle est
totalement réductrice et ne reflète pas la
réalité des besoins.
Les résultats de
cette politique, d'abord mise en uvre dans le
nucléaire, puis dans le thermique classique et
aujourd'hui étendue à l'hydraulique, ont
conduit à une baisse de la disponibilité du
nucléaire, des prévisions de fonctionnement
fantaisistes et une maintenance " système-D " pour le
thermique à flamme.
Dans le même temps,
la chasse aux effectifs dans tous les services, ateliers,
préparation, ORI conduisent à une
véritable dégradation des interventions
:
- Manque de
préparation,
- Travail en flux
tendu,
- Sous-évaluation
des programmes de maintenance,
- Dérive des
délais d'intervention,
- Recours à la
sous-traitance en simultané avec un sous-emploi des
moyens internes.
- Peu de temps pour
réaliser un bon retour
d'expérience.(REX)
- Réduction massive
des effectifs de maintenance sans se préoccuper du
maintien des compétences, alors que c'est une
condition primordiale de l'exploitation du parc.
- Rupture du dialogue
social,
- Non prise en compte des
départs en inactivité de service dès
les prochains mois.
- Destruction du
relationnel entre les ORI et les sites par la mise en place
d'une relation " client &endash; fournisseur marchande
".
Cette relation est
dévastatrice pour les ORI, les plaçant
directement en position de dumping social virtuel avec le
personnel des entreprises sous traitantes, alors qu'à
qualification égale relevée sur les chantiers
et non pas dans l'attendu , le prix de mains d'uvre
pratiqué par les ORI supporte plus que la
concurrence.
Nous devons aujourd'hui
travailler dans nos CNPE avec les ORI sur des bases
différentes. Cela suppose au préalable des
actes concrets de direction qui permettent au personnel de
mesurer une volonté de changement des orientations de
la politique de maintenance.
Dans le document , nous
constatons néanmoins des éléments qui
semblent montrer une volonté d'évolution telle
que celles des métiers et des organisations internes
ou de l'élargissement des responsabilités en
développant le travail en ligne (préparation,
réalisation, etc
) pour peu qu'elles ne soient
pas un simple habillage qui ne serve qu'à masquer une
poursuite des orientations passées, le dernier
exemple en date, est de mardi 16 janvier dernier, au CMP de
St Laurent, sur la question des prévisions
d'embauches pour 2002, le président annonce " pour la
maintenance, il n'est pas prévu d'embauches pour
cette année, s'appuyant sur les restrictions
budgétaires annoncés par le COMEX.
Alors pour que ces
intentions deviennent réalités, il faut mettre
en uvre des moyens concrets en effectifs statutaires
et reconnaître l'argumentation des qualifications mis
en uvre par la revalorisation des classifications que
M3E continue à nier.
Ainsi, les priorités
envisagées ne constituent qu'une première
approche minimale des actions à engager. Elles
doivent être débattues et mises en uvre
pour déboucher sur des perspectives d'effectifs en
hausse significative et des garanties sociales
améliorées pour tous les
intervenants.
Quand nous disons tous les
intervenants , nous entendons bien évidemment
l'ensemble des salariés EDF et prestataires qui
sévissent sur nos installations.
Alors, de gros efforts sont
à fournir par les directions pour ne pas renouveler
la caricature des débats des CRM élargis de
1997.
Des questions
également doivent nous interpeller telles que
:
- En premier lieu, la
réalisation d'activité hors guide ne peut pas
être considérée comme de la
sous-activité,
- La faiblesse des
effectifs dans les ORI génère elle-même
de la sous-activité rendant impossible la prise en
compte de certains chantiers,
- La dérive dans la
facturation des prestations à elle-même conduit
les sites à ne pas faire appel aux ORI mais à
des prestataires externes,
- La
récupération de certaines activités
dévolues aux ORI par les effectifs dans les CNPE et
CPT,ceux-ci étant déjà revu à la
baisse.
C'est pourquoi le
débat national qui s'ouvre doit être
alimenté par toutes les remarques qui émanent
des CMP et réellement prendre compte les avis et
propositions du personnel . Vous devez intégrer une
nécessaire discussion sur la place de la maintenance
dans le processus de production tant au niveau national que
local.
Cette question de la
maintenance est fondamentalement au cur des
préoccupations du personnel.
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