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Le
Président a tout d'abord donné des nouvelles
des trois collègues accidentés et toujours
hospita-lisés (voir Info flash de la
direction).
La question
du remplacement du joint de la vanne LLS 002VV a ensuite
été abordé. Compte tenu des mesures de
sécurité prises (double isolement et purge des
circuits vapeur) pour assurer le rem-placement du joint, la
CGT a donné son accord pour son remplacement. Elle a
cependant déclaré qu'elle ne donnerait pas son
accord pour la poursuite des opérations ( remise en
phase vapeur du circuit) tant que ne lui seraient pas
fournies la fiche technique constructeur du joint mis en
place ainsi que la fiche de validation de la Direction des
Etudes et Recherches EDF, seul moyen pour elle de s'assurer
de la tenue du joint aux conditions de température et
de vapeur considérées. La direction fournira
rapidement les documents concernés.
Le
Président a ensuite apporté les
premières réponses aux questions
soulevées lors du CHSCT de vendredi
dernier.
Questions
d'ordre technique :
- Quel type
de joint était théoriquement
préconisé et quel type de joint était
pratiquement posé ?
Le joint
à installer doit pouvoir supporter une
température de 280°C et une pres-sion de 70
bars. Il n'a par contre été retrouvé
aucune trace de préconisation d'un type de joint
précis par le constructeur.
- Depuis
quand ce joint était-il posé ?
Le joint
incriminé a été remplacé en
1999. Il s'agit d'un joint Supranite PGAC
Il a
remplacé un joint qui avait été
posé en 1993 qui contenait de l'amiante.
Un REX de
Gravelines de 1997 fait état d'un accident de
même nature (éclate-ment d'un joint PGAC sur la
bride de la vanne 002VV de LLS) qui n'avait fait que des
blessés légers et des réserves
émises par le CNPE sur la tenue de ce type de joint
aux conditions de température et de pression
auxquelles il est soumis, et cela malgré les
caractéristiques techniques du
constructeur.
Une note
interne au CNPE de Saint Laurent, ni datée ni
signée indique un certain nombre de premières
restrictions quant à l'utilisation du joint
PGAC.
En novembre
98, une fuite vapeur sur un joint de nature identique
confirme nos inquiétudes sur la résistance de
ce type de joints.
Lors de
l'arrêt 99, il est prescrit de n'utiliser que des
joints de type NGRAS sur l'ensemble des
capacités.
Enfin, le 6
mars 2000, une note technique est diffusée fixant les
critères d'emploi des joints PGAC et NGRAS. La note
restreint très sensiblement les seuils de pression et
température auxquels peuvent être placés
des joints PGAC, les joints NGRAS devant alors leur
être préférés.
- Quels
sont les couples de serrage ?
Aucune
précision n'est donnée sur le couple de
serrage qui a été appliqué dans le
compte-rendu de pose du joint. Un couple de serrage sera
prescrit dans la gamme pour l'intervention à
venir.
- Quel type
de bride est installé sur cette vanne (plat ou
à emboîtement) ?
Il s'agit
d'une bride plate.
- Quels
sont les travaux qui ont été
réalisés sur LLS cette année
?
Il a
été procédé à une visite
mécanique de la turbine, à une visite de la
vanne 002VV, de la vanne 003VV, de la biellette de
régulation puis aux essais de sur-vitesse.
- Quel est
le nombre et le type de sollicitations qu'a subis le joint
depuis son montage ?
Le joint a
été soumis à 43 sollicitations depuis
sa pose, dont 14 les trois jours qui ont
précédé son éclatement. Des
précisions seront apportées
ultérieurement pour savoir si le joint est soumis
constamment à la pression et à la
température ou non.
Questions
d'ordre organisationnel :
- Quelle
préparation a été
réalisée pour ce chantier ?
Sur
l'aspect des règles de sécurité, le
chantier a été préparé
conformément aux règles de
sécurité.
- Quelle
était la composition de l'équipe ?
14 agents
étaient présents sur le chantier : MM. A......
et R......, en tant que chargés de travaux, M.
D......., d'astreinte descendante, MM. F...... et T.....,
d'astreinte montante, M. M...... chef du pôle
méthodes, M.G..... chargé d'assurer
l'instrumentation des appareils de mesures, M. H......
chargé du suivi électrique du chantier, M.
P......, électricien en formation, M. H..... et
B....... de l'exploitation et M. F......, coor-dinateur
général de l'essai.
La CGT
s'est étonnée de la présence du
personnel d'astreinte montante et des-cendante,
considérant que ces agents n'avaient pas vocation
à intervenir sur du travail programmé mais
uniquement en cas d'incident pouvant avoir des
cons-équences sur la sécurité des biens
et des personnes. Elle considère qu'une fois de plus,
le rôle de l'astreinte est
dévoyé.
La
direction ne partage pas cette approche de l'utilisation de
l'astreinte mais re-prendra le débat sur cette
question ultérieurement.
- Quelles
étaient les conditions d'intervention ?
Les
conditions d'intervention dans ce local sont rendues
difficiles par les diff-érentes tuyauteries qui le
traversent. Cependant, comme il a été dit plus
haut, l'intervention se faisait dans le respect des
règles du carnet de prescriptions.
- Quelles
autres interventions et chantiers ont réalisés
les agents en dehors de ce chantier LLS ?
Un
état plus exhaustif sera fourni ultérieurement
mais il peut déjà être avancé que
certains agents n'ont travaillé que sur LLS les jours
précédant l'accident, d'autres ont
effectué d'autres tâches.
- Quels
étaient les horaires de travail des agents au moment
de l'accident et durant tout le chantier LLS (dans ce cadre,
la CGT a demandé l'ouverture du 3K pour
connaître les ho-raires exacts des agents
?)
Les
horaires de travail réalisés par les agents le
19 juillet, veille de l'accident, ont été
fournis aux membres du CHSCT. Ceux du jour de l'accident
seront fournis prochainement. D'ores et déjà,
il apparaît que certains d'entre eux ont
effectué une journée du 19 juillet quelque peu
fatigante.
- Quelles
mesures doivent être mises en uvre pour que cela
ne se reproduise plus ?
Cette
question fera l'objet d'un débat
ultérieur.
- Quels
étaient les paramètres de fonctionnement de la
tranche au moment de l'accident (y a-t-il eu par exemple un
surcroît de pression ?)
Les
différentes recueillies auprès de
l'exploitation ne laissent apparaître aucun changement
d'état de l'installation.
Questions
liées à l'évacuation de ce local
:
- Quel type
de signalétique peut être mise en place pour
mieux guider les agents sachant que l'on est
confronté aux contraintes de chaleur et de
visibilité avec la vapeur (éclairage au sol,
fil d'ariane, peintures au sol, etc) ?
Si des
mesures immédiates seront prises dans le cadre de
l'intervention à venir (voir plus bas), une analyse
plus détaillée des moyens
complémentaires et adapt-és de
sécurité à mettre en uvre seront
étudiées lors d'un prochain CHSCT. Cette
question vaut d'ailleurs pour tout autre chantier où
le risque vapeur est omniprésent.
- Quelles
mesures de sécurité doivent être
prescrites lors des interventions dans ce local (tenues
vapeur, ouverture systématique de la porte anti
panique) ?
Même
réponse que ci-dessus.
La question
de la requalification du matériel et des essais sur
la turbine a alors été
abordée.
La
direction a proposé les schémas
d'enclenchement suivants :
1. Des
premiers essais de mise en vapeur des circuits et de
démarrage de la turbine seront effectués sans
présence humaine dans le local. Si ces essais sont
concluants, il n'y aura pas lieu de procéder à
une quelconque intervention humaine.
2. Si les
essais ne sont pas concluants et que l'intervention d'agents
s'avère nécessaire, la procédure
suivante sera mise en uvre : seuls deux intervenants
pénétreront dans le local, munis de tenues
vapeur ventilées alimentées depuis la porte
anti panique qui se-ra maintenue ouverte. Un agent sera en
appui au dehors sur la passerelle, tenant les deux lignes de
vie des intervenants. Les agents seront en communication
téléphonique permanente avec la salle de
commande durant toute l'intervention.
(NOTA : la
direction vient de nous informer dans la soirée, et
donc hors CHSCT, qu'il y aurait de toute façon
intervention humaine, l'essai de requalification imposant
une mesure de vibrations de la turbine durant son
fonctionnement. Cette intervention se fera dans le respect
des règles définies ci-dessus)
Le CHSCT a
enfin abordé la question de la pose de joints PGAC
sur d'autres points de l'installation. Chacun s'est
accordé à dire que le risque n'était
pas mince et que cela représentait autant de " bombes
à retardement " que de joints à
poser.
Pour la
direction, ne pas redémarrer l'installation tant que
la prospection n'est pas achevée et que les joints
suspectés ne sont pas changés reviendrait
à retarder de plusieurs semaines le
redémarrage de l'installation, ce qu'elle ne souhaite
pas. Elle a donc fait les propositions suivantes
:
1.
Détermination de l'ensemble des circuits vapeur dont
les caractéristiques techni-ques de
température et vapeur sont supérieures ou
égales à 20 bars et 200°C,
2.
Recensement de l'ensemble des brides plates présentes
sur ces circuits,
3. Analyse
par SYGMA des brides sur lesquelles les joints ont
été changés, cela à partir de
1996 (date de la restriction de l'utilisation des joints
à base d'amiante),
4.
Intervention dans des conditions à définir sur
les brides incriminées.
Dans
l'attente, la direction souhaite pouvoir redémarrer
la tranche. Les zones considérées à
risque feraient alors l'objet d'un suivi particulier qui
reste à déterminer (balisage ?, accès
limité ?, accès interdit ?).
La CGT
s'est déclarée très perplexe et
très réservée sur la proposition de la
direction.
Le CHSCT
n'a donc arrêté aucune décision sur le
sujet et reprendra les discussions dans les jours
prochains.
Saint
Laurent, le 24 juillet 2000
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