Le 24/07/2000

Compte rendu CGT du CHSCT extra du 24/07/2000 - accident du 20/07/2000

Le Président a tout d'abord donné des nouvelles des trois collègues accidentés et toujours hospita-lisés (voir Info flash de la direction).

La question du remplacement du joint de la vanne LLS 002VV a ensuite été abordé. Compte tenu des mesures de sécurité prises (double isolement et purge des circuits vapeur) pour assurer le rem-placement du joint, la CGT a donné son accord pour son remplacement. Elle a cependant déclaré qu'elle ne donnerait pas son accord pour la poursuite des opérations ( remise en phase vapeur du circuit) tant que ne lui seraient pas fournies la fiche technique constructeur du joint mis en place ainsi que la fiche de validation de la Direction des Etudes et Recherches EDF, seul moyen pour elle de s'assurer de la tenue du joint aux conditions de température et de vapeur considérées. La direction fournira rapidement les documents concernés.

Le Président a ensuite apporté les premières réponses aux questions soulevées lors du CHSCT de vendredi dernier.

Questions d'ordre technique :

- Quel type de joint était théoriquement préconisé et quel type de joint était pratiquement posé ?

Le joint à installer doit pouvoir supporter une température de 280°C et une pres-sion de 70 bars. Il n'a par contre été retrouvé aucune trace de préconisation d'un type de joint précis par le constructeur.

- Depuis quand ce joint était-il posé ?

Le joint incriminé a été remplacé en 1999. Il s'agit d'un joint Supranite PGAC

Il a remplacé un joint qui avait été posé en 1993 qui contenait de l'amiante.

Un REX de Gravelines de 1997 fait état d'un accident de même nature (éclate-ment d'un joint PGAC sur la bride de la vanne 002VV de LLS) qui n'avait fait que des blessés légers et des réserves émises par le CNPE sur la tenue de ce type de joint aux conditions de température et de pression auxquelles il est soumis, et cela malgré les caractéristiques techniques du constructeur.

Une note interne au CNPE de Saint Laurent, ni datée ni signée indique un certain nombre de premières restrictions quant à l'utilisation du joint PGAC.

En novembre 98, une fuite vapeur sur un joint de nature identique confirme nos inquiétudes sur la résistance de ce type de joints.

Lors de l'arrêt 99, il est prescrit de n'utiliser que des joints de type NGRAS sur l'ensemble des capacités.

Enfin, le 6 mars 2000, une note technique est diffusée fixant les critères d'emploi des joints PGAC et NGRAS. La note restreint très sensiblement les seuils de pression et température auxquels peuvent être placés des joints PGAC, les joints NGRAS devant alors leur être préférés.

- Quels sont les couples de serrage ?

Aucune précision n'est donnée sur le couple de serrage qui a été appliqué dans le compte-rendu de pose du joint. Un couple de serrage sera prescrit dans la gamme pour l'intervention à venir.

- Quel type de bride est installé sur cette vanne (plat ou à emboîtement) ?

Il s'agit d'une bride plate.

- Quels sont les travaux qui ont été réalisés sur LLS cette année ?

Il a été procédé à une visite mécanique de la turbine, à une visite de la vanne 002VV, de la vanne 003VV, de la biellette de régulation puis aux essais de sur-vitesse.

- Quel est le nombre et le type de sollicitations qu'a subis le joint depuis son montage ?

Le joint a été soumis à 43 sollicitations depuis sa pose, dont 14 les trois jours qui ont précédé son éclatement. Des précisions seront apportées ultérieurement pour savoir si le joint est soumis constamment à la pression et à la température ou non.

Questions d'ordre organisationnel :

- Quelle préparation a été réalisée pour ce chantier ?

Sur l'aspect des règles de sécurité, le chantier a été préparé conformément aux règles de sécurité.

- Quelle était la composition de l'équipe ?

14 agents étaient présents sur le chantier : MM. A...... et R......, en tant que chargés de travaux, M. D......., d'astreinte descendante, MM. F...... et T....., d'astreinte montante, M. M...... chef du pôle méthodes, M.G..... chargé d'assurer l'instrumentation des appareils de mesures, M. H...... chargé du suivi électrique du chantier, M. P......, électricien en formation, M. H..... et B....... de l'exploitation et M. F......, coor-dinateur général de l'essai.

La CGT s'est étonnée de la présence du personnel d'astreinte montante et des-cendante, considérant que ces agents n'avaient pas vocation à intervenir sur du travail programmé mais uniquement en cas d'incident pouvant avoir des cons-équences sur la sécurité des biens et des personnes. Elle considère qu'une fois de plus, le rôle de l'astreinte est dévoyé.

La direction ne partage pas cette approche de l'utilisation de l'astreinte mais re-prendra le débat sur cette question ultérieurement.

- Quelles étaient les conditions d'intervention ?

Les conditions d'intervention dans ce local sont rendues difficiles par les diff-érentes tuyauteries qui le traversent. Cependant, comme il a été dit plus haut, l'intervention se faisait dans le respect des règles du carnet de prescriptions.

- Quelles autres interventions et chantiers ont réalisés les agents en dehors de ce chantier LLS ?

Un état plus exhaustif sera fourni ultérieurement mais il peut déjà être avancé que certains agents n'ont travaillé que sur LLS les jours précédant l'accident, d'autres ont effectué d'autres tâches.

- Quels étaient les horaires de travail des agents au moment de l'accident et durant tout le chantier LLS (dans ce cadre, la CGT a demandé l'ouverture du 3K pour connaître les ho-raires exacts des agents ?)

Les horaires de travail réalisés par les agents le 19 juillet, veille de l'accident, ont été fournis aux membres du CHSCT. Ceux du jour de l'accident seront fournis prochainement. D'ores et déjà, il apparaît que certains d'entre eux ont effectué une journée du 19 juillet quelque peu fatigante.

- Quelles mesures doivent être mises en œuvre pour que cela ne se reproduise plus ?

Cette question fera l'objet d'un débat ultérieur.

- Quels étaient les paramètres de fonctionnement de la tranche au moment de l'accident (y a-t-il eu par exemple un surcroît de pression ?)

Les différentes recueillies auprès de l'exploitation ne laissent apparaître aucun changement d'état de l'installation.

Questions liées à l'évacuation de ce local :

- Quel type de signalétique peut être mise en place pour mieux guider les agents sachant que l'on est confronté aux contraintes de chaleur et de visibilité avec la vapeur (éclairage au sol, fil d'ariane, peintures au sol, etc) ?

Si des mesures immédiates seront prises dans le cadre de l'intervention à venir (voir plus bas), une analyse plus détaillée des moyens complémentaires et adapt-és de sécurité à mettre en œuvre seront étudiées lors d'un prochain CHSCT. Cette question vaut d'ailleurs pour tout autre chantier où le risque vapeur est omniprésent.

- Quelles mesures de sécurité doivent être prescrites lors des interventions dans ce local (tenues vapeur, ouverture systématique de la porte anti panique) ?

Même réponse que ci-dessus.

La question de la requalification du matériel et des essais sur la turbine a alors été abordée.

La direction a proposé les schémas d'enclenchement suivants :

1. Des premiers essais de mise en vapeur des circuits et de démarrage de la turbine seront effectués sans présence humaine dans le local. Si ces essais sont concluants, il n'y aura pas lieu de procéder à une quelconque intervention humaine.

2. Si les essais ne sont pas concluants et que l'intervention d'agents s'avère nécessaire, la procédure suivante sera mise en œuvre : seuls deux intervenants pénétreront dans le local, munis de tenues vapeur ventilées alimentées depuis la porte anti panique qui se-ra maintenue ouverte. Un agent sera en appui au dehors sur la passerelle, tenant les deux lignes de vie des intervenants. Les agents seront en communication téléphonique permanente avec la salle de commande durant toute l'intervention.

(NOTA : la direction vient de nous informer dans la soirée, et donc hors CHSCT, qu'il y aurait de toute façon intervention humaine, l'essai de requalification imposant une mesure de vibrations de la turbine durant son fonctionnement. Cette intervention se fera dans le respect des règles définies ci-dessus)

Le CHSCT a enfin abordé la question de la pose de joints PGAC sur d'autres points de l'installation. Chacun s'est accordé à dire que le risque n'était pas mince et que cela représentait autant de " bombes à retardement " que de joints à poser.

Pour la direction, ne pas redémarrer l'installation tant que la prospection n'est pas achevée et que les joints suspectés ne sont pas changés reviendrait à retarder de plusieurs semaines le redémarrage de l'installation, ce qu'elle ne souhaite pas. Elle a donc fait les propositions suivantes :

1. Détermination de l'ensemble des circuits vapeur dont les caractéristiques techni-ques de température et vapeur sont supérieures ou égales à 20 bars et 200°C,

2. Recensement de l'ensemble des brides plates présentes sur ces circuits,

3. Analyse par SYGMA des brides sur lesquelles les joints ont été changés, cela à partir de 1996 (date de la restriction de l'utilisation des joints à base d'amiante),

4. Intervention dans des conditions à définir sur les brides incriminées.

Dans l'attente, la direction souhaite pouvoir redémarrer la tranche. Les zones considérées à risque feraient alors l'objet d'un suivi particulier qui reste à déterminer (balisage ?, accès limité ?, accès interdit ?).

La CGT s'est déclarée très perplexe et très réservée sur la proposition de la direction.

Le CHSCT n'a donc arrêté aucune décision sur le sujet et reprendra les discussions dans les jours prochains.

Saint Laurent, le 24 juillet 2000

 

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